La chasse aux papillons… Le 27 mai

27 mai 2015 LO 7

En ce jour de chasse aux insectes, nos abeilles et nos coccinelles bourdonnent dans tous les sens. Une scène attire notre attention : Léa et la grande Camille se jettent dans les bras l’une de l’autre.

Nous réalisons d’ailleurs que Camille s’est assagie, elle est douce, embrasse son amie, lui caresse la joue. Elle a souvent du mal à canaliser son énergie et son excitation et effraie certains enfants qui craignent d’être bousculés. Mais, on perçoit également que pour cette petite assemblée avoir une douce attention de sa part est un honneur. Talia la première. Elle se précipite sur Camille après avoir vu le contact entre sa grande sœur et son binôme. Ce changement, on commence à le remarquer, les enfants se reconnaissent, tout le monde se dit « bonjour », peu continuent à se cacher derrière leurs parents, ils sont réceptifs aux activités…

« Ils sont beaucoup plus sociables, remarque Ingrid, l’intervenante éducative de l’association D’une rive à l’autre, depuis ils vont beaucoup plus vers les autres. A l’association, nous avons un livret dans lequel nous racontons ces journées avec les pictogrammes, les enfants sont très impatients de nous raconter ce qu’ils font »

 

« Je sais quand il est bien, et là, c’est le cas »

Un nouveau témoin nous accompagne et fait le même constat. Yvan, le père d’Alexandre a pu se libérer pour accompagner sa femme et son fils aux Légumes Oubliés. Il est ému de voir son fils, courir après les insectes avec Romane, sa binôme.

« Quand il a su qu’on arrivait, il était content, il nous a dit « on arrive au potager ». Ici, il n’a pas le même rapport aux autres. A l’école, il est beaucoup plus solitaire, il n’aime pas qu’on l’approche. Aux Légumes Oubliés, c’est ludique, il est à l’air libre – il aime ça – et il accepte d’être approché. Je sais quand il est bien et là, c’est le cas. »

 

 

La chasse aux papillons

Ce mercredi, munis de filet à papillons, les enfants partent à l’assaut des insectes dans le cadre d’une chasse animée par l’apiculteur Frédéric Diez de Biz biz & Co. Si notre intervenant a du mal à aller au bout de ses consignes face à des enfants – autistes ou non – excités et dont l’attention est captée par les filets posés sur la table.Une fois les règles expliquées – qui ne seront pas particulièrement respectées – les enfants recherchent les insectes. Concentrées, les abeilles se prennent au jeu, Romane et Léa courent après bourdons et papillons. Les coccinelles ont tendance à papillonner : la petite Camille laisse le filet à sa maman pour porter son attention sur les fleurs des champs qu’elle a plantées, tandis Alexandre doit être stimulé par ses parents pour rester concentré.

« C’est compliqué pour eux les consignes, mais ils essaient de participer », explique Ingrid.

Et effectivement, ils participent. Même si leur attention semble attirée par autre chose, leurs regards captés par une scène ou un détail, mais ils sont là. Ils restent avec leur binôme sur l’activité.

 

 

« C’est encore à l’enfant de s’adapter à la société »

En quelques semaines, les coccinelles se sont ouvertes aux autres – tout comme les fleurs qu’ils ont plantées – et les abeilles ont accepté les différences de leurs nouveaux camarades et s’y sont adaptées. Ce résultat a l’air si simple à obtenir. Pourquoi ce brassage n’est-il pas plus systématique ?

« On est très en retard en France dans ce domaine », commente juste Ingrid.

A ce sujet, les propos de Virginie, présidente de l’association D’une rive à l’autre, sont sans appel :

« L’inclusion devrait être une évidence, dès le plus jeune âge, c’est-à-dire en collectivité à la crèche puis à l’école, en centre de loisirs… Les enfants autistes et de manière plus générale avec un handicap apprennent au contact des enfants « ordinaires » et inversement. La différence est une richesse si elle est acceptée et que le système met en place les aménagements nécessaires : formation du personnel aux handicap et à ses spécificités, supports…
En France, malgré la loi 2005 (ndlr. Elle vise à garantir l’égalité des droits et des chances pour les personnes handicapées et à assurer à chacun la possibilité de choisir son projet de vie notamment à l’école et dans le monde professionnel) et la progression en matière de scolarisation des enfants porteurs de handicap, c’est encore à l’enfant de s’adapter à la société, sans que les dispositifs existants ne soient à la hauteur des besoins. A l’inverse, d’autres pays ont mis en œuvre des politiques d’inclusion sociale, scolaire, professionnelle.
Chacun d’entre nous peut être confronté, à un moment de son existence, au handicap. Si on apprend à vivre avec et à côtoyer des personnes avec un handicap et ce, dès le plus jeune âge, on sera plus à l’écoute et plus tolérant; notre représentation du handicap s’en trouvera changée, plus légère,… Car cela n’arrive pas qu’aux autres… »

Les fleurs plantées par les abeilles et les coccinelles

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Un commentaire pour La chasse aux papillons… Le 27 mai

  1. Quelle jolie entreprise et que de bonheur pour tous ces enfants épanouis. Je suis si heureuse de voir Camille épanouie. Merci de rendre cette jeunesse utile et participative. J’ai la chance de pouvoir vous suivre.

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